- Oui. On m'a déjà baissé mon salaire d'à peu près un tiers.
- Ah bon ? Oh, c'est dur, ça ! Pour quel motif ?
- Je n'ai pas atteint mes résultats !
- Oh, mon pauvre ! Et z'êtes passé de combien à combien ?
- De 1 500 à 1 100...
- Oh, là, là... Et vous avez des emprunts ?... Heureusement, vous n'avez peut-être plus d'enfants à charge ?
- Ne vous en faites pas pour moi. Je ne vous ai donné qu'une fourchette de baisse. Ajoutez trois 0 et vous saurez ce que j'ai gagné et perdu.
- ...
- Et maintenant je négocie mon départ et ça, j'sais faire ! Pour mon indemnité de licenciement, si j'ai deux ans et demi de salaire, je reste tranquille. La boîte va devoir sortir plusieurs millions d'euros.
- Ca fait pas un peu désordre tous ces sous pour un seul homme pendant que le chômage se répand ? C'est pas dans vot'boutique qu'il y a du chômage et des fermetures d'usines ?
- Oui, comme partout !
- Et après ça, vos amis ? Vous croyez que vous allez les garder, vos amis ?
- Mais oui !
- C'est sûr, vous garderez les pique-assiette et ceux qui mangent à tous les rateliers. Mais les amis, les bons, ils pourront plus vous regarder en face. Je crois bien, M'sieu Thierry, que la société a changé et que, vous, tout là-haut, vous n'avez rien vu passer, rien vu venir, rien compris. J'vous salue pas, M'sieu Thierry, j'vous salue pas.








Commentaires